Lebanese Summer Longing

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Between extreme temperature changes in DC (snow this week-end, 22 C today)(a cold that’s forcing me to write this post and the accompanying illustration from my bed, surrounded with tissues, vitamin C, chocolat, and mint green tea), and endless my heart troubles, I find myself more and more with the need to escape. 

Escaping somewhere that exists halfway between reality and what my imagination tends to romanticize even more: a beach somewhere on the Lebanese coast.


Not in Beyrouth, which I often find too noisy and animated. A private beach, unknown to tourists, ideally close to Byblos, a magnificent city that I’ve loved since forever. A little corner of paradise where one is welcomed by a friendly yet discreet staff. The best of Lebanese-style hospitality : a place that allies quality to simplicity, that builds itself around a nature instead of destroying it. 

We lie down on lounge chairs covered with such soft mats that we feel like we’re floating on a cloud. Beneath our eyes lies the Mediterranean, a sea of turquoise and sapphires that are sparkling under a bright sun. 

We are brought, by handsome waiters with bronzed torsos, fresh carrot juice. Real carrot juice without artificial colourings or flavors, with such a stronger taste than the one, almost unnoticeable, of the produce we buy on the other side of the Atlantic. 

Noon arrive, and we take refuge from the harmful sun rays under the parasols at the restaurant (belonging to the same complex). Seated at a table that is right by the water, we share a delicious, typically Lebanese feast : tabboulé, fattoush, houmous, eggplant tartare, stuffed vine leaves, and fish that has just come out of the sea, breaded and very lightly fried. Everything is fresh, delicious, and most importantly has a pure, authentic taste and smell ; we are reminded with every bite that in Lebanon, “organic” is a given ; it’s not a trend that mostly profits the food industry and that only the wealthiest can afford, when those with tight budgets must do with a multitude of artificial products and other pesticides that worm their ways into their food. 

But we only have a second to dedicate to the pride that is now part of us; we want to fully enjoy the present moment. We peaceful shut down the “logical” half of our brain, the one who reminds us of Washington and the person supposed to check on the apartment and feed the cat. We set aside our work emails, our deadlines, our heart problems. We forget pesticides in food, regional conflicts, French and US presidential, and our complicated Mediterranean family. Everything is far away, so far away that we start wondering whether it truly exists. 

We take a few snapshots with our phone (with minimal signal, and thank goodness for that), but the blinding sun doesn’t allow us to see our screen very well. It doesn’t matter, the photos can only be amazing. With a slightly cloudy mind thanks to heat and euphoria, we find ourself wishing there could be a candle that could capture all of the olfactive notes in this moment, so we could remember it again when we feel the need to. 

We breathe, fully taking into our lungs the iodized sea air, a distinct smell that intertwines with that of our carrot juice, our sunscreen, our protective hair oil, a smell that will remain with us long after we’ve left our little piece of paradise. An olfactive memory, typically proustian, that we will call upon in the next weeks or months, even, when we feel too exhausted by the snow, the cold and the endless grey weather. 

But for now we are just living fully in the moment. 

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Entre les fluctuations extrêmes de température à DC (neige le week-end, 22 degrés aujourd’hui)(d’où un rhume qui fait que j’écris ce texte (et l'illustration qui l'accompagne) du fond de mon lit, entourée de kleenex, de vitamine C, de chocolat et de thé vert à la menthe), et mes problèmes de cœur qui n'en finissent plus, je me retrouve de plus en plus avec une grande envie d'évasion. 

Une évasion quelque part qui existe à mi-chemin entre la réalité et ce que mon imagination a tendance à rendre encore plus romantique : une plage sur la côte libanaise. 

Pas à Beyrouth, que je trouve par moments trop bruyante et animée. Une plage privée, inconnue des touristes, idéalement près de Byblos, une ville magnifique que j'ai toujours aimée. Un coin de paradis où on est accueilli par un personnel amical mais discret. Le meilleur de l'hospitalité à la libanaise : un lieu qui allie la simplicité et la qualité, qui se construit autour d'un milieu naturel au lieu de le détruire.

On s'installe sur des chaises longues aux coussins tellement moelleux qu'on a l'impression de flotter sur un nuage. Devant nos yeux s'étend la Méditerranée, mer de turquoise et de saphirs qui brillent à mille feux sous un soleil éclatant. 

On se fait servir, par de magnifiques serveurs au torse bronzé, du jus de carotte frais. Du vrai jus de carotte sans colorants ou saveurs artificielles, au goût tellement plus fort que celui, imperceptible, des fruits et des légumes qu'on achète de l'autre côté de l'Atlantique. 

Midi arrive, et on se protège des rayons du soleil sous les parasols du restaurant (qui fait partie du même complexe). Assis à une table qui donne directement sur la mer, on partage un délicieux festin typiquement libanais : tabboulé, fattoush, houmous, tartare d’aubergines, feuilles de vignes farcies, et poissons tous juste sortis de la mer, panés et légèrement frits. Tout est frais, délicieux, et a surtout un goût et une odeur purs, authentiques ; on se rappelle qu’au Liban, le “bio” ça va de soi ; il ne s’agit pas d’une tendance qui profite à l’industrie agro-alimentaire et que seuls les plus fortunés peuvent se permettre, pendant que les budgets les plus serrés doivent se contenter d’une multitude de produits artificiels et autres pesticides qui s’incrustent dans leur nourriture. 

Mais on n’a qu’une seconde chauvine à dédier à la fierté qui fait partie de nous à présent ; on veut profiter à fond de l’instant présent. On ferme, paisiblement, la moitié “logique” de notre cerveau, celle qui nous rappelle Washington et la personne qui est supposée s’occuper de l'appart et nourrir le chat. On met de côté nos emails boulot, nos deadlines, et nos problèmes de coeur. On oublie les pesticides dans la nourriture, les conflits régionaux, les présidentielles françaises et américaines, et notre famille méditerranéenne et donc forcément compliquée. Tout nous semble lointain, tellement lointain qu’on en arrive à se demander si ça existe vraiment.

On prend quelques clichés avec notre téléphone (au réseau minimum, et tant mieux) mais le soleil aveuglant ne nous permet pas de bien voir notre écran. Peu importe, les photos ne peuvent être que magnifiques. L’esprit un peu embrumé par la chaleur et l’euphorie, on se retrouve à souhaiter qu’il y ait une bougie qui puisse capturer toutes les notes olfactives de cet instant, pour qu’on puisse se le remémorer quand on en ressent à nouveau le besoin. 

On respire à pleins poumons l'air marin, iodé, une odeur distincte qui se mêle à celle de notre jus de carotte, de notre écran solaire, de notre huile protectrice pour les cheveux, qui restera avec nous bien après qu'on ait quitté notre coin de paradis. Un souvenir olfactif typiquement proustien, auquel on fera appel des semaines ou des mois plus tard, quand on se sent épuisé par la neige, le froid et la grisaille qui n'en finissent plus. 

Mais pour l’instant,  on est juste à fond dans le moment. 

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