Thankful!



So today is (or rather, was) Thanksgiving. And I was planning to work. I kept saying all day long that I was going to work, because as a freelance writer, I need to be disciplined and consistent. And yesterday I spent the early morning getting ready for my brunch at Tryst with Ange Blond, and during the afternoon, I just sat listening to Manon Lescaut with a dreamy smile on my lips and reminiscing about my brunch with the beautiful one. So I didn’t accomplish much work, but I was determined to make up for the lost time today, and draft, among others, several blog posts that wouldn’t be OOTDs. Because despite sticking to my goal of posting every single day in November, I didn’t write as many columns and editorials as I was planning to. 

And right now, it’s 9:30PM, I am in bed with a mug of ginger and lemon tea, listening to Manon Lescaut, exhausted but euphoric after a great day spent with relatives and friends. And feeling (predictably) grateful. 


The truth is, if I were to pick my favourite holiday, I wouldn’t say Thanksgiving. I know it is sacrilegious to say so, even more so now because I’m filing for US citizenship, and if an officer reads this, I truly hope he or she will not take this an act of war against the USA. 

For once, it’s a holiday I wasn’t aware of until I came to live in the US nine years ago. Secondly, I feel like it’s too made-up, but that argument is itself invalid because all holidays are, in a certain way. And thirdly, having lived with a narcissistic mother who enjoyed putting a damper on all holiday celebrations doesn’t create the best of memories. Lastly, there’s the rather ironic fact that a holiday created for thankfulness is expected to be a binge contest followed by a claustrophobia-inducing trampling shopping session the following day. 

But on the other hand, I think it is important to dedicate a single day to gratitude. A day where we stop focusing on the problems, big or small, of our everyday lives, and celebrate what is going well. More than ever, this year, the terrible things that have been happening in Paris and elsewhere around the world, it is important to give thanks (not necessarily to a divinity or anyone in particular) for little things that in the light of recent events, are big luxuries.

Like having your loved ones alive and safe, unlike the countless people who lost their spouses, partners, friends, brothers, sisters, sons, daughters, loved ones in the many terrorist attacks around the world. Like having a roof over your head, food, clothing, cars, phones, an education. Basic things that all the displaced are sorely missing. Like having an actual citizenship or legal residence somewhere, in a free and democratic country. Basically, now more than ever, it is important that we give thanks for being born at the right place and time. 

For my part, I know that if I was born a few dozens kilometers more to the north, I wouldn’t be where I am right now, safely blogging. I would be in a refugee camp somewhere, hated by the West because they would associate me with terrorism, or living under the rule of the disgusting Daech monsters. 

Or dead.

And then there are the countless other things to be thankful for. I’m thankful for having had the opportunity to learn, hence to obtain the ultimate luxury: freedom of thought. I’m thankful to be able-bodied and healthy, when so many suffer from chronic diseases or handicapping injuries. I’m thankful for my friends. I’m thankful for having a support system. the wonderful online support groups that I have found. I’m thankful that in my ever-complicated family, there are some persons that can be trusted.

I’m thankful for love. 

And I’m thankful to be alive. 


*****


Alors aujourd’hui, c’est (ou plutôt c’était) Thanksgiving. Et j’étais supposée travailler. J’ai passé toute la journée à déclarer à tout le monde que j’allais travailler parce qu’en tant qu’écrivain freelance, je dois être disciplinée et consistante. Et hier, j’ai passé toute la matinée à me préparer pour mon brunch à Tryst avec Ange Blond, et pendant l’après-midi, je suis restée à écouter Manon Lescaut avec un sourire rêveur aux lèvres, en me remémorant mon brunch avec la belle. Du coup, je n’ai pas accompli grand chose, mais aujourd’hui j’étais déterminée à rattraper le temps perdu, et à entamer, entre autres, plusieurs articles qui ne seraient pas que des OOTDs. Parce que même si j’ai réussi jusqu’à maintenant mon but, qui est d’écrire un article chaque jour en novembre, je n’ai pas écrit autant de chroniques et d’éditoriaux que j’avais prévu. 

Et à présent, il est 21h30, et je suis au lit avec une tasse de tisane au gingembre et citron, à écouter Manon Lescaut, épuisée mais euphorique après une excellente journée passée en compagnie de la famille et des amis. Et je me sens (évidemment) reconnaissante.

En vérité, si je devais choisir ma fête préférée, ce ne serait pas Thanksgiving. Je sais que c’est presque un sacrilège de dire cela, d’autant plus que je suis en train de demander la citoyenneté US, et que donc si un officier lit cela, j’espère qu’il ou elle ne le prendra pas comme un acte de guerre contre les USA. 
D’un côté, Thanksgiving est une fête dont j’ignorais quasiment l’existence avant de venir vivre aux USA il y a neuf ans. Deuxièmement, je sens que c’est une fête trop fabriquée de toutes pièces, mais cet argument est invalide parce que toutes les fêtes le sont, d’une façon ou d’une autre. Et troisièmement, ayant vécu avec une mère perverse narcissique qui adorait ruiner toutes les fêtes ne me laisse pas avec les meilleurs souvenirs. Et finalement, il y a l’ironie, que cette fête créée pour célébrer la gratitude est devenue un concours de bouffe jusqu’à l’indigestion, suivi par une séance de shopping-piétinement bien claustrophobe le lendemain. 

Mais d’un autre côté, il est très important, je trouve, de dédier un jour précis à la reconnaissance. Un jour où l’on arrête de focaliser sur les problèmes, petits ou grands, de nos vies quotidiennes, et on fête tout ce qu’il y a de positif. Plus que jamais, cette année, avec les terribles évènements qui se sont produits à Paris et ailleurs dans le monde, il est important d’exprimer sa reconnaissance (pas nécessairement à une divinité ou quelqu’un en particulier) pour les petites privilèges qui, avec les évènements récents mis en lumière, deviennent pratiquement luxueux.

Comme le fait d’avoir les personnes qu’on aime en vie et en sécurité, contrairement aux innombrables personnes qui ont perdu leurs époux, compagnons, amis, frères, soeurs, fils, filles, leurs êtres aimés, dans les nombreuses attentats terroristes dans le monde. Comme le fait d’avoir un toit, de la nourriture, des vêtements, des voitures, des téléphones, et accès à l’éducation. Des choses basiques qui manquent cruellement aux les personnes déplacées. Comme le fait d’avoir une citoyenneté quelque part, ou une résidence légale, dans un pays démocratique et libre. En résumé, maintenant plus que jamais, il est important qu’on exprime sa reconnaissance d’être né au bon endroit et au bon moment. 

Pour ma part, je sais que si j’étais née à quelques dizaines de kilomètres plus au nord, je ne serais probablement pas là où je suis, à bloguer, en ce moment, mais probablement dans un camp de réfugiés, haïe par l’occident parce qu’ils m’associeraient au terrorisme, ou bien sous l’emprise des monstres répugnants de Daech. 

Ou bien morte. 

Et puis il y a tout plein d’autres choses dont il faut être reconnaissante. Je suis heureuse d’avoir eu une bonne éducation, et donc d’avoir pu obtenir le luxe ultime, encore plus pour une femme : la liberté de pensée. Je suis heureuse d’être valide et en bonne santé, alors que tant d’autres souffrent de maladies chroniques ou d’handicaps. Je suis heureuse d’avoir mes amis. Je suis heureuse d’avoir un cercle de soutien, surtout en ligne. Je suis heureuse que dans ma famille éternellement compliquée, il y a une poignée de personnes à qui on peut faire confiance.

Je suis reconnaissante à l’amour.

Et je suis reconnaissante d’être en vie. 

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