#LaVieContinue

November 19, 2015


In the aftermath of a tragedy, be it a huge fight, a break-up, a catastrophe, an accident, a death, a murder, a natural disaster or a terror attack, whether it touches us near or far, we feel this curious sensation that I like to describe as the feeling of floating outside ones body. We feel disconnected, a little as if we were present or absent at the same time, or even dead and alive at the same time.

Last Friday, I followed the attacks in Paris live. I was getting ready to go out when I received an
email with a link to a press release. And I spent the entire evening in horror, scotched to my computer, reading updates, seeing the number of victims climb from 18 to more than 100. Talking to my friends everywhere in France, trying my best to comfort them all the while being worried to death about not receiving news from those who are in Paris. And then the “marked safe” on Facebook, the “I’m okay” text messages, that meant rather “I’m alive and well, but I’m not at all okay”. 

On Saturday, I went to the vigil at Lafayette Square. I ran into former teachers and members of the French community in DC that I hadn’t seen for ages, but that was not a social event. Everyone was incapable of smiling, and we were all in a state of choc. I felt my heart explode when the whole crowd began singing the Marseillaise. 

And the days passed, and tomorrow it will be a week. A week during which I wasn’t able to write any posts, or work on my fiction, because the words wouldn’t come out, I couldn’t speak about trivial things on the blog (aside from the pre-scheduled OOTD posts), and until today I couldn’t find the words to talk about Paris. 

And I might be away from the scene of the tragedy, away from this city that I love, away from this country that I love, I might not have lost any loved one, but I feel in mourning. I feel disconnected from smiles, from the animation surrounding me, from the people for whom France is nothing but a tourist destination (or more or less a third-world country in war, for the big-time Fox News fans), people who do not feel affected by tragedy and mourning.

I come to wonder how life goes on. How the universe still exists, how the sun still rises, how the clocks keep turning, marking the passing of time. How an act of such cowardice and horror was not able to throw off the balance of the universe and bring its doom. 

But I realise I already have the answer in me.

Life goes on because bonds like friendship and love cannot be broken by tragedy. In the contrary, in the aftermath, we forget trivialities, misunderstandings and doubts, and we feel those bonds reinforced by their core, by the strong and untouchable values that had created them.

Life goes on because we are too proud of our culture, of our lifestyle, and of our country to let the fucking Daech sons of bitches destroy our love for life and our need to love.

Life goes on for me because I am proud to be everything Daech hates: a woman, lesbian, atheist, French-Lebanese, feminist, intellectual, and especially, especially because I am proud to be born free, and I will be proud to die free and standing upright. 

Life goes on because love is stronger than hatred.

Self-love, the love of another, and the love of life.


Before leaving you, I want to share with you a few links:


If you live in Paris or nearby, you can help by donating blood: info here.


And lastly, my very own initiative to pay tribute to the 11th arrondissement, where the attacks (including the Charlie Hebdo one last January) took place.

Keep loving life, and keep living it fully.

Love, 

S

*****

Au lendemain d’une tragédie, que ce soit une grosse dispute, une rupture, une catastrophe, un accident, un décès, un meurtre, un désastre naturel ou un attentat, que ça nous touche de près ou de loin, on éprouve un curieux sentiment que j’aime décrire comme la sensation de flotter au dessus de son corps. On se sent déconnecté, un peu comme si on était présent et absent à la fois, voire même vivant et mort à la fois.

Vendredi dernier j’ai suivi les attentats de Paris en direct. Je m’apprêtais à sortir lorsque j’ai reçu un mail avec un lien vers une dépêche de presse. Et j’ai passé la soirée dans l’horreur, scotchée à mon ordi, lisant les mises à jour, à voir le nombre de mort passer de 18 à plus d’une centaine. En train de parler avec mes amis partout en France, d’essayer tant bien que mal de les consoler tout en étant morte d’inquiétude de ne pas avoir de nouvelles de ceux qui se trouvent à Paris. Et puis les notifications “marked safe” sur Facebook, les “je vais bien” reçus par texto, qui veulent plutôt dire “je suis sain et sauf mais je ne vais absolument pas bien pour autant”. 

Samedi, je suis allée au rassemblement à Lafayette Square. J’ai croisé d’anciens profs, des membres de la communauté française de D.C. que je n’avais pas vu depuis des lustres, mais ce n’était pas un évènement social. On était incapable de sourire, on avait tous la gorge serrée, les larmes aux yeux. Et j’ai senti mon coeur exploser lorsque la foule a entonné en sourdine La Marseillaise. 

Et les jours se sont succédés, et demain ça va faire une semaine. Une semaine pendant laquelle je n’étais pas capable d’écrire quoique ce soit sur le blog, ou travailler sur ma fiction, parce que les mots ne venaient pas. Je ne pouvais pas parler de tout et n’importe quoi sur le blog (à part les posts OOTD déjà préparés d’avance et publiés automatiquement), et jusqu’à aujourd’hui, je ne trouvais pas les mots pour m’exprimer sur Paris. 

 Et j’ai beau être loin du drame, loin de cette ville que j’aime, loin de ce pays que j’aime, j’ai beau n’avoir perdu aucun être cher, je me sens endeuillée. Je me sens déconnectée des sourires, de l’animation qui m’entoure, des gens pour qui la France n’est qu’une destination touristique (ou plus ou moins un pays du tiers-monde en guerre, pour les téléspectateurs assidus de Fox News), des gens qui ne se sentent pas affectés par la tragédie et par le deuil.

J’en arrive presque à me demander comment la vie continue. Comment l’univers existe encore, comment le soleil continue à se lever, comment les aiguilles des montres continuent à marquer le passage du temps. Comment un acte aussi ignoble, aussi horrible, n’a pas réussi à bouleverser tout l’équilibre du l’univers et à en provoquer la fin.

Mais la réponse, je me rends compte que je l’ai déjà en moi. 

La vie continue parce que des liens comme l’amitié et l’amour ne peuvent pas être brisés par la tragédie. Au contraire, au lendemain d’un drame, on oublie les trivialités, les malentendus, et les doutes, et on sent ces liens renforcés par leur essence, par les valeurs fortes et inébranlables qui les ont fondés.

La vie continue parce qu’on est trop fier de sa culture, de son mode de vie, et de son pays pour laisser des fils de putes de Daech de merde détruire la joie de vivre et l’envie d’aimer. 

La vie continue pour moi parce que je suis fière d’être tout ce que Daech déteste : une femme, lesbienne, athée, franco-libanaise, féministe, intellectuelle, et surtout, surtout, parce que je suis fière d’être née libre, et je serai fière de mourir libre et debout. 

La vie continue parce que l’amour est toujours plus fort que la haine.

L’amour de soi, l’amour d’autrui, et l’amour de la vie. 

Avant de vous laisser, je tiens à partager avec vous quelques liens:


Si vous habitez à Paris ou à proximité, vous pouvez aider en donnant du sang : plus d'infos ici


Et finalement, ma propre initiative pour rendre hommage au 11ème arrondissement, où les attaques (y compris celle à Charlie Hebdo en janvier dernier) ont eu lieu. 

Continuez à aimer la vie, et continuez à la vivre pleinement. 

Des bises, 

S

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